Cours 3  
PRINCIPE DE L'ENTONNOIR ET DÉMARCHE SCIENTIFIQUE page 18
 
 
Le principe de l'entonnoir
 La démarche scientifique : but de la science
 Analyser la réalité : première étape
 Qu'est-ce qu'une variable ?
 X et Y
 Cause et effet
 La chaîne des causes
 Le multidéterminisme
 Z : la population
 Un exemple d'analyse
 Les faits : la seconde étape
 lienaveclesite
 

Principe de l'entonnoir

Entonnoir appliqué à une problématique
Étape 1 : Rédiger une problématique
L'introduction : Présentation du thème + votre problème général
Le développement : 1) L'état de la question ou ce que l'on sait = Définir (le thème, ses variantes), Expliquer (théories, causes, facteurs) + Appuyer (résultats de recherche et méthode) + Paragraphe de transition
Le développement : 2) La formulation du problème ou ce que l'on veut savoir = faille dans nos connaissances + pertinence du problème + question de recherche + justification de votre démarche
La conclusion : Formulation d'une hypothèse (à défaut, un objectif)
Étape 2 : Vérification de cette hypothèse au moyen d'une recherche empirique (Comme en IPMSH)
  • Ce principe est une métaphore qui permet d'illustrer l'organisation logique et cohérente d'une problématique.

  • En effet, une problématique rédigée selon ce principe va toujours du général au particulier.
  • La partie évasée de l'entonnoir correspond donc aux aspects généraux; la partie étroite, aux aspects plus précis.

  • La partie la plus générale d'une problématique est l'introduction et le début de l'état de la question.
  • Dans l'introduction, on ne présente jamais le problème avec précision; on se contente de présenter le thème et de le relier au problème de recherche (= problème général).

  • Le principe de l'entonnoir s'applique également à l'état de la question, à «Ce que l'on sait».
  • Petit à petit, de paragraphe en paragraphe, l'auteur expose minutieusement et logiquement les théories et les faits du thème de son choix, «ce que l'on sait»
  • Puis, il présente au lecteur son problème, «Ce que l'on veut savoir».
  • Un paragraphe de transition sépare ces deux parties.
  • Comme son nom l'indique, ce paragraphe a pour fonction d'opérer un passage cohérent et sans rupture entre «Ce que l'on sait» et «Ce que l'on veut savoir».
  • Autrement dit, il prépare le terrain sur lequel sera construit le problème de recherche.
  • La position et le contenu de ce paragraphe doivent donc respecter à la lettre le principe de l'entonnoir, c'est à dire s'enchaîner logiquement avec les paragraphes qui précède et qui suive.
  • Ce paragraphe permettra formuler un problème de recherche pertinent.
  • Cet enchaînement entre l'état de la question et la formulation du problème est crucial; s'il est bien fait, le lecteur dira «Que le texte coule, qu'il est habilement construit», alors que s'il est raté il dira «D'où sort ce problème ? C'est pas logique ! Où est le raisonnement ?».
  • Un enchaînement réussi ne créera aucune surprise chez le lecteur; un lecteur perspicace devinera même votre problème avant de l'avoir lu !
  • La formulation d'une hypothèse ou d'un objectif clôt la problématique; elle constitue en quelque sorte le tube de l'entonnoir, soit la partie la plus étroite et précise de votre problématique.
 

 

Le principe de l'entonnoir stipule que la forme logique d'une problématique va du général (thème de recherche) au particulier (hypothèse), de l'abstrait au concret.

 

 
   
  • Dans la démarche scientifique, c'est cette hypothèse (ou objectif) - qui clôt l'étape 1 - qui sera ensuite soumise à l'épreuve des faits (comme en IPMSH).
  • C'est que l'on appelle la vérification empirique.
  • Dans ce cours, je ne vous demande pas de confronter l'hypothèse (ou l'objectif de recherche) de votre problématique aux faits.
  • On s'arrête à l'étape 1.
  • Vous devez cependant comprendre qu'il faut rédiger le texte de votre problématique dans le contexte d'une recherche empirique, donc avec l'idée de formuler votre hypothèse de façon suffisamment claire et précise pour la tester, la confronter aux faits
  • Le texte qui suit vous rappelle les grandes lignes de cette démarche empirique.
  • C'est de la révision : en principe, vous savez déjà tout ça.
  • Mais je me permets de l'ajouter au contenu à lire pour aider ceux et celles qui ne se souviennent plus ce qu'est la démarche scientifique, l'analyse, l'appui empirique, l'épreuve des faits, etc.

     

La démarche scientifique : un petit rappel

  • Le but ultime de la science est de décrire et d'expliquer la réalité.
  • Cette réalité est de nature physique ou psychologique.
  • Dans tous les cas, elle est composée d'une multitude de phénomènes interreliées qui forment un tout complexe.
  • Pour étudier ce «grand tout», cette complexité, les scientifiques ont, au fil des siècles, élaboré une méthode que l'on nomme la démarche scientifique.
  • Démarche ? Pourquoi ce mot ?
  • La démarche décrit une manière systématique de faire les choses, peu importe la chose.
  • Selon le domaine, cette démarche varie.
  • Faire des démarches pour ce trouver un emploi consiste d'abord à rédiger son CV, à chercher des offres, à se présenter à des entrevues de sélection, à négocier son salaire, etc.
  • On procède toujours de la même manière, peu importe l'emploi souhaité.
  • En science, c'est la même chose : il faut suivre des étapes très précises, toujours les mêmes.
  • La première étape est l'analyse de l'objet d'étude.
  • L'objet d'étude est la «chose» qui intéresse le scientifique, qu'il cherche à décrire et à expliquer afin de mieux le comprendre.

L'analyse : première étape de la démarche

  • Pour atteindre son but - décrire et expliquer le «grand tout» - le scientifique doit d'abord analyser la réalité.
  • Cette analyse permet aux scientifiques de décomposer le «grand tout» en éléments plus simples, plus facile à examiner.
  • En science, ces éléments + simples se nomment :«variables et constantes».
  • On dit aussi «facteur», parfois «déterminant» : ce sont des synonymes.
  • Par définition, une variable est un phénomène qui... varie, alors qu'une constante, elle... ne varie pas ou très peu.
  • Presque tous les phénomènes de notre univers physique et psychologique varient.
  • L'un des deux buts de la science consiste à décrire ces variations.
  • Les constantes sont rares.
  • Par exemple, l'humeur est un phénomène qui varie chez une même personne; on peut être d'une humeur maussade un jour mais de bonne humeur le lendemain.
  • Bonne humeur et maussade sont des mots qui décrivent ces variations.
  • On peut sourire gentiment à son voisin le matin, mais timidement le soir venu.
  • Gentiment et timidement décrivent une réalité, celle que l'on cherche à étudier.
  • L'humeur et le sourire sont donc des variables psychologiques.
  • Certains phénomènes varient lorsqu'on compare des individus entre eux; pensez à la taille ou au poids.
  • La taille et le poids sont des variables physiques.
  • Les variables peuvent aussi être des caractéristique du milieu d'un individu.
  • Par exemple, la température, le bruit, l'aménagement d'une pièce sont des variables physiques du milieu; la présence des autres, leur empressement à vous aider sont, elles, des variables psychologiques ou sociales.
  • Maintenant, qu'ils soient physiques ou sociales, tous ces phénomènes sont en relation les uns avec les autres (interaction).
  • Pour comprendre ces relations, il faut savoir qu'un même phénomène peut être tantôt une cause, tantôt un effet.
  • Une cause est un facteur qui produit un phénomène que l'on nomme effet.
  • Par exemple, on dira que le beau temps (cause) me rend de bonne humeur (effet).
  • Ici j'attribue la cause de ma bonne humeur (effet) au beau temps.
  • Mais l'humeur peut aussi être une cause.
  • Ainsi, si je dis que j'ai souri à mon voisin parce que j'étais de bonne humeur, on dira que ma bonne humeur est la cause de mon sourire (effet).
  •  

Trouver un problème scientifique

  • Précisions que certains X sont des causes avérées d'un phénomène Y que l'on cherche à expliquer, alors que d'autres X sont des causes présumées ou possibles.
  • Un X avéré est une variable dont l'influence sur un Y a déjà été confirmée; de nombreuses recherches ont clairement montré que ce X était bel est bien la cause de Y.
  • Il s'agit donc d'une connaissance.
  • On trouve ces connaissances dans les livres, elle sont enseignées à l'école, dans les universités.
  • C'est «ce que l'on sait», le fruit de la recherche.
  • Tandis qu'un X potentiel ou présumé est une variable que l'on soupçonne d'influencer le phénomène Y à l'étude; toutefois aucune recherche n'est encore parvenue à montrer l'existence de cette relation entre X et Y.
  • C'est, dans ce dernier cas, ce qu'on appelle un problème scientifique; une chose que l'on ignore - ce X influence-t-il ce Y ? - et qui mérite en plus d'être mieux connue.
  • C'est d'ailleurs ce que je vous demande de trouver dans ce cours afin de rédiger votre problématique : un problème de recherche.
  • Nous verrons en détail ce qu'est un problème de recherche dans les semaines à venir.
 

 

Analyser : Décomposer une chose complexe en éléments + simples à étudier (Comme des variables).

X : Cause. Synonyme de facteur explicatif, déterminant, variable indépendante.

Cause X avéré : Variable dont l'influence a été confirmée à maintes reprises par des recherches scientifiques.

Cause X présumée ou potentielle : Variable dont on soupçonne l'influence, mas qu'aucune recherche n'est encore parvenu à montrer. Il s'agit en fait d'un problème scientifique.

Y : Effet. Synonyme de phénomène à l'étude, phénomène mesuré, observé ou évalué, expliquée, objet d'étude, variable dépendante.

-------» : Mécanisme (observé) ou processus (inféré) qui permet d'expliquer la relation entre X et Y.

Variable : Tout phénomène ou caractéristique d'un phénomène qui varie. EX : La couleur de vos yeux ou votre humeur.

Constante : Tout phénomène ou caractéristique qui ne varie pas (ou presque pas). EX : Tous les êtres vivants vieillissent.

Problème de recherche : Ce que l'on ne sait pas, mais que l'on souhaite savoir et qui mérite d'être su.

 

 
 

X et Y

  • Expliquer consiste donc à réduire la réalité - ce «grand tout complexe» - à un ensemble de relations de cause à effet.
  • En science, pour distinguer les causes des effets, on utilise des lettres majuscules.
  • Par convention, on dira qu'un phénomène qui en produit un autre est un X; alors que son effet, le phénomène produit, est un Y, comme suit :
  • Ici la flèche -----» symbolise la relation entre X et Y.
  • Cette relation peut-être un mécanisme, un processus, observable ou inféré, bref tout ce qui permet de comprendre pourquoi X produit Y.
  • Par exemple, si vous avez souri en voyant votre voisin, c'est sans doute parce que chaque fois que vous lui faites la conversation, il vous remercie (renforcement positif) de l'avoir aidé.
  • Ici la -----» symbolise un mécanisme d'apprentissage que l'on nomme conditionnement opérant par renforcement positif.
  • Ce mécanisme n'est pas toujours observable; quand il ne l'est pas, on dit qu'il est inféré.
  • Une inférence est une supposition que l'on fait pour comprendre pourquoi X est la cause de Y.
  • Le renforcement positif est un mécanisme observable, mais l'effet du renforcement + sur votre cerveau est un mécanisme inféré : on suppose que le renforcement positif augmentent la dopamine dans les neurones de votre cerveau.

 

Multidéterminisme et chaîne de causalité

  • La réalité, on l'a dit, est complexe
  • Par exemple, un même phénomène peut-être à la fois une cause et un effet.
  • Par exemple, parce qu'il fait beau (X), vous êtes de bonne humeur (Y), et parce que vous êtres de bonne humeur (X), vous souriez (Y) à votre voisin, qui vient à votre rencontre pour vous remercier de l'avoir aider à mieux comprendre la signification du X et du Y en science.
  • On appelle ces relations multiples des chaînes de causalité :
     
     
  • Mais la réalité, comme on l'a dit, est... complexe.
  • Souvent, pour un phénomène donné que l'on cherche à expliquer (Y), il existe plusieurs X qui agissent simultanément sur Y.
  • En science, ce principe se nomme multidéterminisme (MD).
     
     
  • Par exemple, plusieurs facteurs peuvent déterminer l'humeur d'une personne.
  • On dira donc que l'humeur est un phénomène multidéterminé.
  •  
     
  • Pour distinguer le X qui intéresse le chercheur de tous les autres X possibles, on dira que ce X1 est la variable indépendante ou VI.
  • Par conséquent, le Y qui dépend de ce X (variable indépendante), se nomme logiquement variable dépendante ou VD.
     
     
  • C'est ce X1 qui constitue pour le chercheur un problème de recherche (alors que le thème correspond généralement à la VD).
  • Ce problème peut être traduit en une question simple : Dans quelle mesure le beau temps influence-t-il notre humeur ?
  • C'est un problème car le chercheur ne sait pas si son X1 influence bel et bien ce Y, et si oui dans quelle mesure.
  • Si le chercheur ou ses collègues avait la réponse à cette question, ce ne serait plus un problème !
  • La réponse à cette question serait plutôt considérée comme une connaissance, «ce que l'on sait».
  • Avec le temps, ce que l'on sait se transforme en théorie et en faits scientifiquement reconnus.

 

X-Y et... Z

  • Lorsqu'il s'intéresse à la relation entre X et Y, un chercheur peut décider de circonscrire son analyse à un ensemble d'individus donné que l'on nomme population ou Z.
  • Ainsi, on dira que le chercheur étudie l'effet du beau temps (VI) sur l'humeur (VD) des habitants du quartier Beausoleil.
  • Son problème de recherche est donc de savoir si le beau temps a bel et bien un effet sur l'humeur des habitants de ce quartier.

     

    Rôle de l'analyse en science : un exemple

  • Maintenant, à quoi sert cette analyse ?
  • L'analyse sert à préciser mon objet d'étude.
  • Si on ne réduit pas un objet d'étude à des éléments plus simples - ses variables - il devient impossible de vérifier si ce que l'on dit est vrai ou faux.
  • A-t-on raison de croire que ce que l'on dit correspond à la réalité ?
  • Comment savoir si on a raison ?
  • Prenons un exemple : si je dis: «on sait pourquoi les gens sont fous».
  • Cette affirmation est tellement générale qu'elle en devient insignifiante.
  • On parle de quoi au juste ? Comment étudier ça scientifiquement ?
  • Si j'analyse cette question, et que je la décompose en éléments + simples, je pourrais d'abord distinguer «les gens» en trois catégories , et choisir d'étudier seulement l'une d'entre elles.
  • Disons que je choisis la première catégorie - les enfants - qui devient de alors la population à l'étude ou Z de ma recherche.
  • Je pourrais encore raffiner mon analyse en disant que je m'intéresse davantage aux plus petits, les moins de 6 ans.
  • Poursuivons notre analyse.
  • Qu'est-ce que j'entends par folie ?
  • «On sait pourquoi les enfants sont fous».
  • Si je réponds simplement : la folie est un comportement inadapté, qui nuit à l'individu qui en souffre, je pourrais alors dresser une longue liste de manifestation de la folie que l'on observe chez les enfants, et que l'on nomme de nos jours des troubles de santé mentale.
  • Voici une liste incomplète :
    • Problème d'attention (TDAH)
    • Agressivité sociale (mordre, donner des coups de poings aux autres enfants, etc.)
    • Refus systématique d'obéir aux parents
    • Enfants anxieux, stressés
    • Colères et pleurs à répétition
    • Absence de communication (autisme)
    • Automutilation
  • Dans le but de poursuivre mon analyse, supposons que je choisis d'étudier plus précisément la dernière catégorie : l'automutilation.
  • À ce stade-ci de notre analyse, il faudrait sans doute clairement définir ce qu'est l'automutilation.
  • Retenons pour les fins de notre démonstration, la définition suivante : «Tout comportement qui a pour fonction de se blesser volontairement soi-même».
  • S'arracher les cheveux
  • Manger sa main
  • Se couper les doigts
  • S'égratigner le visage
  • Se mordre
  • Se faire vomir
  • Etc.
  • Ici, de facto, on exclut les accidents qui causent des blessures puisqu'ils sont, par définition, involontaires (Ex : Un enfant qui se blesse en jouant dehors).
  • Poursuivons : pourquoi les enfants se blessent-ils volontairement ?
  • C'est une question importante.
  • Ces comportements ne sont pas que de simples gestes malheureux; ils nuisent réellement au développement de ces enfants (et au fonctionnement de leur famille).
  • Grâce à la recherche scientifique, on connaît déjà un certain nombre de ces causes.
  • L'automutilation est un phénomène multidéterminé.
  • Elle est causée par plusieurs facteurs.
  • Les voici :
    • Troubles génétiques (Ex : Syndrome de Down)
    • Certaines formes d'intoxication du cerveau aux métaux lourds
    • Environnement familial qui favorise l'acquisition des comportements d'automutilation
  • La dernière catégorie nous intéresse plus particulièrement.
  • Voilà, notre analyse tire à sa fin.
  • Il ne reste plus qu'à préciser le mécanisme d'influence de la famille sur l'automutilation.
  • Qu'est-ce qui unit X à Y ?
  • En bien on sait que le conditionnement opérant - une forme d'apprentissage - permet d'expliquer comment l'environnement physique et social influencent les comportements en général.
  • Alors comme votre Y est un ensemble de comportements (automutilation), on peut faire l'hypothèse que c'est ce mécanisme (----») qui explique pourquoi l'environnement familial (X) favorise l'acquisition des comportements d'automutilation chez les enfants.
  • On aura donc recourt à une théorie de l'apprentissage - proposée par Skinner - pour expliquer notre objet d'étude.
  • Mais cette analyse est-elle vraie ?
  • On a défini des concepts (automutilation), choisi des formes (comportements non-accidentels), identifié des variables (XYZ), mis en relation ces variables (X ---»Y), proposé une explication sous forme de théorie (le conditionnement opérant de Skinner) mais tout ça, à la fin, est-ce vrai ?
  • Notre analyse est rigoureuse, mais correspond-elle vraiment à la réalité ?
  •  

    Les faits : seconde étape de la démarche scientifique

  • Maintenant, comment savoir si la relation entre un x et un chez Z correspond bel et bien à la réalité ?

 

 

  • Il ne faut jamais perdre de vue que l'analyse de la réalité se déroule dans la tête du scientifique.
  • C'est une activité purement intellectuelle qui obéit, autant que possible, à la logique.
  • Il faut définir des concepts, identifier des variables, décomposer des phénomènes en formes plus simples, mettre en relations des variables, etc.
  • Or, ce qui est logique n'est pas toujours... vrai.
  • Une analyse peut être parfaitement cohérente mais carrément fausse.
  • Ce n'est pas parce qu'un raisonnement est juste qu'il correspond à la réalité, aux faits.
  • Vous avez vu ce phénomène dans vos cours de philosophie.
  • On appelle ces raisonnements fallacieux des... sophistes.
  • Les sophistes sont des raisonnements faux ayant l’apparence d’un raisonnement logique.
  • Exemple d'un sophisme de type syllogisme :
  • à moins de croire dur comme fer que Cobain vit sur une île déserte en compagnie de Janis Joplin (wouaah, quel couple !), vous savez pertinemment que c'est faux, puisque Cobain est bel et bien décédé en le 5 avril 1994 à Seattle.
  • C'est un fait.
  • Autrement dit, si vous persistez à croire que c'est conclusion est vraie, on dira que vous entretenez des croyances ou... que vous avez des problème de santé mentale (je connais un bon psy !).
  • Le raisonnement ci-dessus es donc faux mais est-il logique ?
  • La réponse est... oui.
  • Il est tout-à-fait logique - sa structure est cohérente - mais il ne correspond tout simplement pas à la réalité.
  • Ce sont les raisonnements les plus pernicieux : ils ont l'air vrai !
  • Vous êtes un peu mêlé ?
  • La raison est simple : vous confondez probablement l'aspect logique/illogique d'un raisonnement avec sa véracité/fausseté.
  • Il faut savoir que tout raisonnement a deux propriétés :
    1. Il peut être logique ou illogique
    2. Vrai ou faux
  • Ce qui donne 4 possibilités ou cas de figure :
  • Mon exemple - qui est logique, serait illogique ou incohérent, si j'avais dit ceci :
    ou
  • Dans tous les cas, on peut disqualifier ces trois analyses de la réalité en affirmant que le raisonnement proposé est incohérent ou illogique.
  • La conclusion est également fausse.
  • Attention, un raisonnement pourrait aussi être vrai mais illogique.
  • Voici un exemple :
  • C'est illogique... et pourtant c'est vrai.
  • Pour être cohérent, il aurait fallu que la première prémisse (en gris) soit cohérente avec la conclusion (en bleu), ce qui n'est le cas dans ce dernier exemple.
  • J'ouvre ici une courte parenthèse pour répondre à ceux et celles qui trouve mon exemple ridicule ou simpliste.
  • Je le sais ! Le but n'est pas de vous donner un cours sur la musique ou sur les croyances.
  • Le but, c'est de montrer le caractère logique de la démarche scientifique.
  • Maintenant comment savoir si un raisonnement logique est vrai ? Correspond aux faits ?
  • Eh bien, c'est la seconde étape de la science : après avoir analyser son objet d'étude - décomposer la réalité en variables, en relation possible de cause à effet - le chercheur se demande ensuite : ai-je raison de croire que j'ai raison ?
  • Mon analyse des choses est cohérente, logique, d'accord, mais correspond-elle pour autant à la réalité ?
  • Pensez à l'exemple de l'automutilation.
  • Est-ce vrai ou faux ?
  • S'agit-il d'une solution au problème de l'automutilation ?
  • C'est à ce moment qu'entre en jeu l'aspect empirique de la démarche scientifique.
  • C'est la qu'entre en jeu l'aspect empirique de la démarche scientifique.
  • Empirique signifie «faits».
  • La science n'est pas qu'une démarche logique et cohérente d'analyse et de raisonnement.
  • Les scientifiques ont aussi le souci de se demander si ce qu'ils croient être vrai est... bel et bien vrai.
  • Comment ?
  • En confrontant leur analyse aux faits.
  • C'est ce qu'on appelle l'épreuve empirique des faits.
  • On dit aussi tester une idée ou vérifier ses théories et ses hypothèses (nous verrons ces mots plus loin dans le cours).
  • Le principe est simple : d'abord vous formulez une idée :
  • Ensuite vous la confrontez aux faits :
  • Est-elle vraie ou fausse ?
  • La première prémisse de votre raisonnement est clairement fausse : Tous les chanteurs ne sont pas immortels puisque les six chanteurs ci-dessus mentionnés sont morts (si, si, je vous l'assure).
  • Même si le raisonnement est logique, la conclusion, selon laquelle Cobain est encore en vie car immortelle, est, elle aussi, fausse.
  • Bref, en science, on ne peut pas se contenter de raisonner logiquement, il faut aussi confronter le produit de notre logique à la réalité.
  • Concrètement, comment y parvient-on ?
  • Comment réaliser cette confrontation entre la pensée et la réalité, entre l'analyse logique et les faits ?
  • Réponse : au moyen de recherches scientifiques.
 

 

Idée Recherche scientifique empirique Faits

 

  • Est-ce le seul moyen ?
  • La réponse est oui.
  • Alors qu'en est-il de l'automutilation ?
       
       
    Exemple  
     

     

    Dans les années 1960, des psychologues se sont intéressés aux jeunes enfants qui s'automutilent volontairement. Pourquoi un enfants de 6 ans se frappe-t-il la tête contre les murs ? Pourquoi s'égratignent-ils le visage jusqu'au sang ? À cette époque - les années 1960 - l'automutilation était considérée comme un problème scientifique, car on ignorait totalement pourquoi de jeunes enfants agissaient ainsi et comment leur venir en aide (= faille ou lacune dans nos connaissance). On constata rapidement que c'était un problème grave, car ces enfants étaient rapidement exclus de leur groupe d'ami-e-s, éprouvaient des difficultés scolaires et exigeaient de la part de leurs parents, une attention démesurée. Certains médecins ont d'abord cru qu'ils s'agissaient d'un handicap intellectuel. En effet, on observe parfois ces comportements chez les autistes profonds. Mais cette hypothèse fut très rapidement écartée lorsqu'on constata que le quotient intellectuel de ces la plupart de ces enfants étaient tout à fait normal. De nos jours, on sait pourquoi la plupart de ces enfants agissent ainsi et comment leur venir en aide. Ce n'est plus un problème car on a trouvé la solution il y une trentaine d'années grâce notamment aux travaux de Iwata.

     

     
  • De nombreuses recherches - notamment celle de Iwata, ont montré que les parents, bien involontairement, avaient tendance à renforcer positivement (théorie de Skinner) les comportements d'automutilation de leur enfant en leur donnant de l'attention (renforcement positif) dès qu'il se blesse ou tente de se blesser.
  • Ce phénomène - un peu étrange, il faut bien l'admettre - permet de comprendre pourquoi certaines personnes sont convaincus que ces enfants sont fous.
  • Mais bon, l'histoire finit bien puisque de nos jours on sait comment guérir ces enfants.
  • J'expliquerai bientôt cette solution efficace qui prend la forme d'une thérapie par extinction/aversion.
  • En attendant, si cela vous intéresse, voici un article d'Iwata et ses collègues qui explique certains éléments de cette thérapie [PDF].
  • Notez qu'il s'agit d'un article scientifique empirique (avec des données et des analyses statistiques).
  • Vous admettez avec moi que cette formulation du problème est plus scientifique que «on sait pourquoi les gens sont fous ben raide».
  • Morale de l'histoire, pour savoir si la solution à un problème que propose un chercheur est bonne ou vraie (étape 1), il faut réaliser une recherche scientifique, donc la confronter aux faits (étape 2).
  • C'est la recherche et ses résultats qui donnent aux chercheurs l'appui empirique nécessaire pour confirmer leurs idées, leurs analyses.
  • Il ne faut donc pas perdre de vue, en rédigeant votre problématique, que c'est dans ce contexte bien précis d'une recherche empirique que je vous demande de rédiger votre texte, votre problématique.
    En résumé
    Étapes de la démarche scientifique En science Dans votre cours
    Étape 1 Formuler logiquement une idée, une analyse Rédiger une problèmatique qui contient un problème de recherche empirique
    Étape 2 Confronter votre hypothèse (objectif) aux faits = IPMSH/Pas dans votre cours de DISH et bientôt à l'université
     

 

Sophisme : Raisonnements faux ayant l'apparence d'un raisonnement logique et cohérent. Il faut s'en méfier.

Variable indépendante (VI) : Cause présumée du phénomène à l'étude (VD) et que l'on nomme ainsi pour la distinguer des autres X. Une VI peut varier naturellement (variable indépendante invoquée/assignée) ou artificiellement (variable indépendante manipulée/provoquée) grâce au chercheur.

Variable dépendante (VD) : Effet observé ou évalué/mesuré par le chercheur, et que l'on nomme VI pour la distinguer des autres Y. Comme le nom l'indique, cette variable dépendant de la variable indépendante (VI ---»VD), alors que l'inverse est faux (VI «-- VD).

Chaîne de causalité : Principe scientifique selon lequel la réalité est formée de multiples relations de cause à effet qui s'enchaînent (de manière circulaire ou à l'infini).

Multidéterminisme (MD) : Principe scientifique selon lequel pour un Y donné que l'on cherche à étudier, il existe plusieurs facteurs ou variables qui contribuent, séparément ou conjointement, à son explication.

Z : Population étudiée; sujets/participants chez qui on cherche à montrer la relation entre X et Y. Ici le double-point = Chez.

Problème de recherche : Tout phénomène dont ignore l'influence précise sur un Y/VD, mais dont on a toutes les raisons de croire (pertinence) qu'il s'agit bel et bien d'un X (VI).

Appui empirique : ensemble des faits qui confirme une idée, une analyse.

Empirique : = Faits.

Épreuve des faits : Toute recherche qui permet de vérifier que X est la cause de Y chez Z.

Analyse : Opération qui consiste à décomposer une chose en ses éléments essentiels. On peut analyser une idée, un concept, une théorie, des faits.

 

 

 

 
 

 

 

 

 

 

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